Interview/ Dr Gustave ABOUA, DG du Développement Durable révèle : « Le prince Charles de Galles passait des vacances à Yamoussoukro »

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Unite.ci : La Cop 26 s’est déroulée à Glasgow (Angleterre) du 31 octobre au 12 novembre. Faisant partie de la délégation ivoirienne, Dr Gustave ABOUA, Directeur Général (DG) du Développement Durable, nous donne ses impressions sur deux rencontres historiques, dont celle de la COP26 à proprement parler et celle avec le prince Charles de Galles.

(De gauche à droite ) Le prince Charles de Galles échange avec le Dg du Développement durable, Dr Gustave Aboua

Vous êtes allés défendre l’intérêt commun, qui est la révision de l’humain pour le rétablissement de l’environnement. Que symbolise Glasgow pour vous ?

Dans un sens, il était poétique que la Cop 26 se soit tenue à Glasgow, la patrie de James Watt, l’inventeur de la machine à vapeur. De plus, la ville a construit sa richesse sur le dos de la traite transatlantique des esclaves, de son sucre, son thé et son coton, qui ont alimenté les travailleurs européens sous la révolution industrielle. Par conséquent, Glasgow est impliqué de manière indélébile dans le début de la hausse des émissions de  gaz à effet de serre(GES). C’est peut-être alors une station appropriée d’où part le « train de l’ambition de Glasgow ». Par ailleurs, le président de la Cop 26, Alok Sharma, et l’envoyé américain pour le climat, John Kerry, ont présenté la Cop 26 comme «le dernier meilleur espoir de sauver la planète».

En marge du sommet, vous avez rencontré le prince Charles de Galles. Quelle émotion avez-vous ressentie et de quoi avez-vous parlé ?

Cette rencontre était pour moi un moment historique et émouvant. Entendre le prince Charles, parler de la Côte d’Ivoire et du Président Houphouet BOIGNY et des réalisations du Président Alassane Ouattara, m’a beaucoup marqué. J’étais loin d’imaginer que le prince Charles passait des séjours de vacances à Yamoussoukro avec sa famille chez Houphouet  BOIGNY. En tout état de cause, le Prince Charles qui garde de bon souvenirs de la Côte d’ivoire a tenu à féliciter le Président Alasanne Ouattara pour son engagement à marcher dans les pas d’Houphouet à travers la promotion des investissements pour les infrastructures et surtout préserver la paix et la cohésion sociale gages du développement durable. Le prince Charles De Galles nous a encouragés à persévérer dans les efforts de lutte contre le changement climatique, tout en soulignant l’appui de son royaume à nos pays pour atteindre nos ambitions rehaussées. Dans son discours de bienvenue, le prince Charles a souhaité que tous, nous embarquions dans le train de l’ambition de Glasgow, ville historique de la révolution industrielle, consciente de son rôle pionnier d’émetteur de gaz à effet de serres.  Ce qui est sûr et une chose qui est claire, c’est que le train de Glasgow doit fournir des sièges pour tous les passagers du monde, car personne ne doit être laissé pour compte.

Pouvez-vous nous renseigner sur les résultats obtenus, du moins pour la Côte d’Ivoire ?

Il y a beaucoup de retombées bénéfiques pour la Côte d’Ivoire et pour les pays en développement de façon générale. Entre autres résultats, nous pouvons mentionner que le Pacte de Glasgow a fixé enfin les règles pour le marché carbone.  En effet,  un accord sur l’article 6 de l’Accord de Paris  a été trouvé. Le texte négocié à Glasgow a permis d’exclure le risque de double-comptage, encore défendu ardemment par certains pays. Ce procédé permettait de compter deux fois une réduction d’émissions de gaz à effet de serre. De plus, les anciens crédits carbone générés depuis 2013 dans le cadre du protocole de Kyoto sont reportés dans l’Accord de Paris. En français facile, on pourrait dire  que les marchés carbone, instaurés par l’Accord de Paris (2015), vont permettre l’échange de crédits carbone entre deux pays ou entre un pays et une entreprise. Dans le premier cas, un pays qui a dépassé ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, pourrait vendre son excédent à un pays qui n’y est pas parvenu. Dans le second cas, un porteur de projet de compensation carbone soumettra sa candidature à l’organe de contrôle des Nations-Unies. Si le projet est jugé conforme, ces crédits carbone dit « autorisés » pourront être vendus à un autre pays, une entreprise ou une personne pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre. Cependant, le résultat le plus notable est la mise à l’écart du double-comptage, à l’origine des blocages qui permettait à une tonne de C02 d’être comptabilisée à la fois par l’acheteur et le vendeur. A cette fin, un principe d’ajustement pour garantir l’équité environnementale sera appliqué par le pays où se produit la compensation carbone.

Hormis ces acquis, n’y a-t-il pas d’autres plus appétissants pour les défenseurs de la planète ?

Il faut souligner aussi l’engagement des pays développés à doubler leur financement climat consacré à l’adaptation des pays vulnérables aux changements climatiques. Aussi il convient de souligner l’accélération de la transition énergétique mondiale par l’abandon progressif du charbon et de la réduction des subventions aux énergies fossiles dès 2022. Enfin, l’un des plus audacieux progrès, du moins sous la forme de promesses, c’est l’objectif de la neutralité carbone d’ici 2050 par la réduction des gaz à effet de serre à plus de 45%  d’ici 2030. C’est vrai, comme l’a dit Henri VIII « Parler, ce n’est pas faire. C’est une sorte de bonne action de bien dire ; et pourtant les paroles ne sont pas des actes.  Nous pensons qu’à partir de 2022 les promesses seront traduites en actions.

Propos réceueillis par Clément Koffi

 

 

 

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