Côte d’Ivoire : Atteinte à l’environnement et au cadre de vie / Le Sous-Préfet de Taoudi cité dans un projet d’orpaillage artisanal

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Unite.ci : Décrié dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire, le phénomène de l’orpaillage artisanal est signalé dans la sous-préfecture de Taoudi. Département de Bondoukou à l’Est du pays. Face à cette menace, les cadres de la Sous-préfecture sonnent l’alerte et interpellent l’Etat. Voici leur déclaration :

Un phénomène dangereux qui met en péril l’environnement et la vie des populations (image d’archives)

‘’ALERTE : TAOUDI DIT NON AU PROJET DE L’ORPAILLAGE ARTISANNAL

 

Alors que les populations des villages de la Sous-Préfecture de Taoudi s’étaient mobilisées comme un seul homme pour dire « non à l’orpaillage clandestin à Taoudi, précisément à Landaye », le Sous-Préfet, Monsieur DOSSO Lassana, après un long moment d’absence au poste, pour raison de maladie, réapparait, cette fois-ci, avec une relance du projet, en programmant une rencontre d’explication sur le projet, pour le 2 décembre 2022. 

 

A quelle fin répond une telle rencontre quand par plusieurs voix et voies, l’opposition à un tel projet a été signifiée au Sous-Préfet ?

 

Pour rappel, le Sous-Préfet de Taoudi, agissant pour le compte du Préfet de Région, Monsieur Sory SANGARE, a, par décision n° 26/SP-TDI du 27 avril 2022, nommé Monsieur ANOUGBA Brou Léon, Sergent-Chef, Garde de Sous-Préfecture, en service à la Sous-Préfecture de Taoudi, Commissaire Enquêteur, dans le cadre de l’avis d’enquête de commodo et incommodo. Cette annonce avait été publiée le 27 avril 2022, relative à une demande d’autorisation pour une exploitation artisanale d’or, émise par Monsieur CISSE Lassinan, sur la parcelle de terre de vingt-quatre hectares quatre-vingt-un ares (24 ha 81 a), située près du village de Landaye, Sous–Préfecture de TAOUDI. Sans autres précisions !

 

Dès la publication de cet avis, les populations ont exprimé leur opposition à un tel projet dans le registre ouvert à cet effet et des courriers avaient été envoyés aux autorités de Bondoukou, par les cadres, pour exprimer leur opposition.

 

Une activité suicidaire pour les pratiquants (photo d’archives)

Au regard de la douloureuse expérience que vivent les autres localités déjà occupées par ces opérations d’orpaillages clandestins dans la région du Gontougo, tous les arguments ont été avancés : conséquences directes sur l’eau, l’air, le sol, à travers les différents rejets de polluants dans l’environnement : utilisation du cyanure et autres produits chimiques dangereux. Il y a aussi des conséquences liées aux conflits intercommunautaires, au risque de contamination des nappes phréatiques ainsi que des problèmes de santé publique, et l’exploitation des enfants, etc.

 

Les populations avaient initié plusieurs rencontres d’explications sur les dangers du projet et relevé qu’en l’absence de délimitation claire des frontières entre les villages et de certificats fonciers détenus par la famille qui avait conclu un accord avec l’opérateur, un tel projet ne devait pas voir le jour dans la contrée.

 

En principe, les textes légaux en vigueur en Côte d’Ivoire montrent l’exigence d’évaluation environnementale et sociale pour ce type d’activité (exploitation minière). Ce qui n’est pas le cas de Taoudi.

 

Ce n’est nullement le cas à Taoudi, où malgré les oppositions, à l’apparence, le Sous-Préfet et ses mandants, n’entendent pas reculer, et planifient d’imposer à la paisible population de Taoudi, ce projet funeste. Ils entendent, même, convaincre les populations, en invitant les Chefs de village de la Sous-Préfecture, à une séance de sensibilisation et d’explication, en prélude à l’intrusion de leurs orpailleurs !

 

De ce fait, le Sous-Préfet a invité les Directeurs Régionaux des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Cadre de Vie et celui des Mines de Bondoukou pour cette séance. Pourtant, ce projet est en totale contradiction avec les prescriptions de l’Agenda 2030 des Nations Unies ou Objectifs de Développement Durable (ODD), particulièrement l’ODD 15 qui recommande fortement de « préserver et restaurer les écosystèmes terrestres », afin de lutter contre les effets du changement climatique.

Le sort d’un village victime de l’orpaillage artisanal (photo d’archives)

A qui profite donc ce projet dangereux qui met en péril l’environnement et la vie des populations? En tout cas, pas Taoudi. En conséquence, Taoudi n’entend pas s’inscrire  sur la longue et triste liste des villages dévastés par une exploitation minière artisanale qui n’apporte ni la richesse, ni le développement.

 

Pour qui connait le phénomène de l’orpaillage artisanal, il est la rampe de lancement des maux comme : la prostitution, le trafic de drogue et d’armes, l’exploitation des enfants, etc.

 

En un mot, comme en mille, l’orpaillage clandestin est une hydre de mer qui détruit l’écosystème et crée l’insécurité. Taoudi ne veut pas et n’est pas prêt à céder à ce cheval de Troie.

 

« TAOUDI NE MERITE PAS ET N’ACCEPTE PAS CE DESASTRE ENVIRONNEMENTAL, ECOLOGIQUE ET SOCIAL !! »

 

Alerte et affaire à suivre de près !’’

Dans un entretien avec le Sous-préfet de Taoudi, ce dernier a reconnu effectivement avoir convoqué une réunion des représentants des villages de la Sous-préfecture. Toutefois, il précise que cette rencontre vise à écouter les partis en présence , notamment les opposants et les partisans dudit projet.

 

La rédaction (extrait de la déclaration des cadres de Taoudi)

 

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