Unite.ci : Tristesse, angoisse et révolte . Ce sont les sentiments que partage l’ensemble de la population de Taoudi. Localité située dans le département du Gontougo à environ 90 Km de Bondoukou capitale du District de Zanzan.
Ces populations ont organisé le 1er mai 2024, une journée de recueillement et de prières pour commémorer l’assassinat tragique et inexplicable de deux des leurs par les habitants d’un village voisin.
Les faits remontent au 1er mai 2023 quand un conflit éclatât entre la ville de Taoudi, chef lieu de Sous-Préfecture et Kouassidougou, un village voisin de ladite ville.

Selon nos sources et les rapports des témoins oculaires , la ville de Taooudi a subi, le 1er mai 2023, une attaque meurtrière de la part de Kouassidougou, occasionnant deux (02) morts, seize (16) blessés par balles et la destruction de plusieurs hectares de plantations d’anacarde, à l’aide de tronçonneuse. Les productions vivrières appartenant aux ressortissants de Taoudi ont également été saccagées.

A en croire les témoignages, l’origine de cette crise remonte aux litiges nés de l’exploitation des terres, avec les problèmes de limitation des propriétés foncières entre les deux localités. Il est rapporté que le jour de l’incident, Monsieur Kouamé Djègan, un ressortissant de Taoudi et ses deux fils, se rendaient au champ après avoir appris que leur plantation a été détruite par des jeunes venus de Kouassidougou. Une fois dans le champ, le père a été kidnappé avec un ses fils. L’un des enfants ayant réussi à échapper aux ravisseurs, alla informer le village de Taoudi et le Chef aussitôt, dépêcha une délégation pour se rendre à Kouassidougou afin de négocier la libération de Kouamé Djègan et son fils aux mains de leurs bourreaux. Cette délégation qui était loin de s’imaginer que Kouassidougou avait tendu une embuscade, s’est retrouvée entre coups de fusils à balles réelles et attaques à l’arme blanche. Bilan du massacre : deux (02) morts, seize (16) blessés par balles et destruction massive de biens appartenant aux ressortissants de Taoudi.

Face à cet incident d’une extrême gravité, le village de Taoudi, plongé dans les pleurs, les douleurs, la colère et l’idée de vengeance, reçoit le lendemain, la visite du Préfet de région. Celui-ci a déploré les évènements, tout en appelant au calme et à la retenue. Il avait, en outre, demandé aux cinquante-six (56) paysans impactés par le conflit de ne pas se rendre dans leurs champs et dans cette zone, compte tenu des risques potentiels d’affrontement. Ces paysans, chefs de famille, privés de leurs champs et de la nourriture , sont plongés aujourd’hui, dans de la famine et dans une extrême pauvreté.

Le constat, selon les populations de Taoudi est que depuis la survenue de cette crise, aucune action concrète du Gouvernement n’a été posée pour régler le problème et rendre justice aux victimes, malgré les nombreuses démarches et les plaintes introduites auprès des autorités judiciaires de Bondoukou.

Un an après, Taoudi a organisé une journée de recueillement et de prières. C’était le 1er mai 2024, en souvenir de cet incident malheureux. La célébration était marquée par une messe d’action de grâces à la Paroisse Saint Joseph Epoux dudit village, le dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes des victimes et la remise de dons (en numéraire) aux familles des victimes et aux blessés.

Cette journée aux dires des organisateurs, visait entre autres à apporter un tant soit peu du réconfort aux blessés, aux familles des victimes et atténué la colère des populations face à l’immobilisme observé sur le traitement de cette crise par les autorités compétentes . Elle vise surtout à interpeler les autorités sur l’impérieuse nécessité de trouver une solution idoine et pérenne à cette crise qui gangrène la coexistences entre ces deux peuples.

A cet effet, la population de Taoudi demande au Gouvernement d’une part de
faire la lumière sur cette attaque meurtrière de Kouassidougou et amener les commanditaires de ces crimes à répondre de leurs actes devant la justice. D’autre part à amener le village de Kouassidougou à arrêter les actes de provocations et des pillages des champs des planteurs de Taoudi. Car, il est constaté que les jeunes de ce village, après ces forfaits, continuent de narguer les paysans de Taoudi, en revenant cette année encore, dans la même zone, piller les récoltes d’anacarde en lieu et place de toute démarche de pardon, de compassion ou de condoléances. Encore moins, de conciliation. Aussi, la population de Taoudi demande –t-elle la sécurisation et la délimitation des parcelles entre les deux localités.
Cette démarche, tant attendue, précise-t-elle, permettra de trouver une issue durable et définitive à ce conflit.

Dans cette même veine, la sécurisation de l’accès des cultivateurs à la zone (parcelle) querellée est vivement souhaitée.
Il convient de noter que cette année , en lieu et place de la célébration de la fête du travail du 1er mai, c’est ce drame qui marque désormais la paisible histoire de cohabitation et de voisinage entre Taoudi et Kouassidougou.
Ainsi, Cette attaque meurtrière, punitive, préparée contre Taoudi, continue de laisser des traces indélébiles dans la mémoire collective des populations de ladite localité qui disent attendre, impatiemment, des actions fortes de la part de l’Etat.
A quand donc l’issue de cette crise ? Vivement une solution !
Giselle Tienfô

