Unite.ci : Au cours d’un point de presse, le président de la plateforme des Artisans Professionnels de Cote d’Ivoire Guy Koffi Kouadio a expliqué en long et en large la galère que vit les artisans du bois. Il a aussi proposé des pistes de solutions pour une sortie de crise.
» Le travail du bois, c’est ce que nous connaissons, c’est ce que nous savons faire et c’est ce que nous avons toujours fait.
Il faut dire en toute sincérité que le métier du bois ne fait plus rêver. D’abord le bois même manque. Il y a des essences qui se font rares. Il y a des essences qui sont aujourd’hui protégées comme le lingue, le bete, l’iroko parce que ce sont des espèces en voie de disparition. Donc si on n’y prend garde, ça va être très compliqué.
Avant toute chose, je voudrais saluer la décision ministérielle pour la protection du bois depuis toujours, mais aussi il faut dire en toute sincérité que les lois ou les décrets sont pris pour les hommes. Nous travaillons tous dans le bois, c’est vrai que dans les années 60, le bois constituait aussi une matière première à l’exportation et fait rentrer beaucoup d’argent mais nos parents, en son temps, n’ont pas continué et n’ont pas bien suivi le reboisement à tel point qu’aujourd’hui nous avons de sérieuses difficultés. Nous avons vraiment des difficultés. Et aujourd’hui, c’est nous qui payons le pot cassé. C’est pourquoi, à notre niveau, avec notre structure » Action Nationale des Professionnels de Bois de Côte d’Ivoire » avons pris le taureau par les cornes en commençant par le reboisement pour pouvoir pérenniser notre activité qui est la menuiserie, l’ébénisterie.
Aujourd’hui, le bois constitue plus de 40% dans la construction d’un bâtiment. Le chef de l’État, depuis son accession au pouvoir fait la politique de l’habitat. Chaque ivoirien doit pouvoir avoir quand même un toit, c’est vrai que ce n’est pas facile, mais c’est une volonté politique. Je crois que nous devons tous nous inscrire dans cette voie, mais il se trouve qu’au niveau du bois, nous avons d’énormes difficultés;
La grande partie du bois sort du pays, hors de la Côte d’Ivoire, va au niveau de l’international, même en sous région, ce qui fait que du coup, nous avons des problèmes à l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Il y a donc problème. Quelle est la solution qu’il faut trouver?
A un moment donné, il y a eu une circulaire qui était passée pour que les scieries accordent près de 30% de la production locale aux artisans locaux, mais qui n’est pas suivie. Ainsi, on ne peut pas avoir du bois dans les scieries; l’agrément d’installation des unités des menuiseries pose vraiment un problème.
C’est ainsi que le président, l’honorable Bamba Kassoum président de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire nous a mandaté auprès de la haute hiérarchie des Eaux et Forêts; l’agrément qui était entre 250 et 300.000 frs après de longs échanges est revenu à 25.000 frs plus 15.000 frs pour le bordereau. Nous saluons cette avancée et sommes reconnaissants au président Bamba Kassoum et à la haute hiérarchie des Eaux et Forêts.
Il nous a été aussi dit que cet agrément et ce bordereau devraient pouvoir nous servir comme document pour nous permettre d’avoir du bois dans les scieries pour travailler. Malheureusement ce n’est pas le cas, aucun artisan ne veut vraiment travailler avec le sciage à façon qui abime nos machines. Ce sont des difficultés que nous rencontrons; quand tu as du bois qui n’est pas légal, tu passes pour être un fraudeur et tu subis les sanctions.
A mon avis, pour que le ministère réussisse cette mission du bois, il faudrait que ledit ministère tape du poing sur la table en prenant un décret ou un arrêté formel de telle sorte que la consommation locale soit suivie et que le reboisement qui doit être fait par ces industries, par ces artisans soit aussi suivi.
Je pense aussi qu’on peut prendre des décisions de façon collective ( le ministère en charge des Eaux et Forêts, le ministère de l’industrie, le ministère du commerce et de l’artisanat, la Chambre des métiers en plus des artisans qui opèrent dans le secteur du bois ). Tous doivent pouvoir s’asseoir à une table ronde discuter franchement et trouver le juste milieu qui arrange les industries, les exportateurs, les revendeurs de bois et les artisans que nous sommes. Car nous les artisans, sommes de la seconde transformation, et c’est nous qui payons le pot cassé. A part les taxes qu’ils vont payer au niveau de l’exportation et du reboisement et consorts, ils font partir tous leurs produits, ce n’est pas normal.
Tout le bois ne doit pas sortir de la Côte d’Ivoire parce que la Côte d’Ivoire est en chantier. Et nous aussi, nous vivons du bois, nous payons nos taxes et nos impôts, nous scolarisation nos enfants à travers ce bois.
Il se trouve que depuis près de 2 à 3 mois, aucun atelier de l’intérieur de la Côte d’Ivoire ne fonctionne comme il se doit. Nous avons des problèmes parce qu’aucune scierie ne nous fait face. On n’arrive pas à avoir du bois.
Soit le ministre organise des centrales d’achat au niveau régional de sorte que les artisans puissent aller se ravitailler là-bas. Pour quelqu’un qui est à Odienne ou à Man ou à Bondoukou par exemple, il est obligé de descendre sur Abidjan pour aller chez les revendeurs pour payer du bois et le transporter dans sa zone. Vraiment il y a problème. Nous en souffrons beaucoup.
C’est pourquoi nous demandons à notre papa le président Bamba Kassoum qui est le président de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire de plaider auprès des pouvoirs publics et des différentes entités sus citées pour trouver une solution. Car si le bois s’arrête, c’est tout l’artisanat qui s’arrête. Parce que tout commence par le bois et se termine par le bois. Le bois, c’est la vie, on nait dans un berceau, on dort sur un lit, et on part dans un cercueil. Et donc qu’on nous permette de continuer le reboisement, qu’on prenne des décisions fortes de sorte que le bois reste en Côte d’Ivoire et que l’artisan du bois puisse vivre de son travail. »
Pour finir, Guy Koffi Kouadio par ailleurs vice président de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire et président de la Chambre Régionale des métiers de Yamoussoukro a indiqué que:
» Nous sommes en train de faire des démarches auprès de l’honorable Bamba Kassoum qui est le président de cette institution qui a en charge tous les artisans de Côte d’Ivoire, auprès du ministre Khalil Konaté de l’industrie, du commerce et de l’artisanat de sorte qu’ils puissent avoir des échanges à une table ronde avec le ministre des Eaux et Forêts pour comprendre les avantages d’avoir du bois Légal, mais aussi de permettre aux artisans de contribuer efficacement au reboisement. Parce notre problème, c’est le reboisement. Et les artisans de toute la Côte d’Ivoire participent auprès de tous les cantonnements à faire le reboisement.
Nous demandons à l’Etat de Côte d’Ivoire de se pencher sur le sort des artisans du bois que nous sommes.
S’il y a des décisions qui sont en train d’être prises ou qui sont déjà prises, il faut qu’on les publie et qu’on communique là-dessus afin que l’on aie la force, le courage et l’envie de pouvoir faire le reboisement.
Il y a donc nécessité de s’asseoir et de parler autour du bois. »
Dos





