Unite.ci : Kouassi Simon est cadre du PDCI RDA. Membre du Bureau Politique, il s’est exprimé sur les crises internes du parti et a exhorté les uns et les autres à ne pas laisser les divergences d’aujourd’hui compromettre l’avenir commun.
1/ S’étant inscrit dans une dynamique de préservation de l’unité autour de la direction émanant des instances du parti et de son président Tidiane Thiam, le Pdci votre parti traverse une période de débats internes sur son orientation, sa gouvernance ainsi que son avenir. Des dissidents et certains cadres du parti nourrissent des contestations judiciaires et politiques, notamment concernant la question de la nationalité, et aussi au niveau de la vacance de poste en se basant sur les statuts du parti. Sans oublier les crises internes.
Alors, monsieur Kouassi Simon, en tant que membre du bureau politique, quel est votre regard sur cette situation inconfortable qui pourrait entamer la sérénité du vieux parti.
Je voudrais d’abord rappeler que le PDCI-RDA est un grand parti, un parti historique qui a traversé des générations, des crises et des périodes particulièrement difficiles. Il est donc normal qu’en son sein puissent exister des débats, des sensibilités et même des désaccords.
Pour ma part, je considère que le débat interne n’est pas une faiblesse. Au contraire, lorsqu’il est conduit dans le respect des textes, des personnes et de l’intérêt supérieur du parti, il peut contribuer à renforcer notre organisation.
Ce qui doit cependant nous préoccuper, c’est lorsque les divergences prennent une dimension qui risque de fragiliser la cohésion du parti. Nous devons éviter que les ambitions personnelles ou les querelles de personnes prennent le dessus sur l’essentiel.
Le PDCI-RDA dispose d’instances. Nous avons des statuts et un règlement intérieur. Lorsqu’une difficulté survient, c’est à travers ces mécanismes que nous devons rechercher les solutions. Les questions judiciaires, notamment celles relatives à la nationalité ou à l’interprétation des textes, doivent être traitées avec sérénité et dans le respect des procédures.
Je pense donc qu’il faut éviter les procès d’intention et les déclarations qui peuvent davantage diviser. Notre responsabilité, en tant que cadres, est de contribuer à l’apaisement.

2/ Pourriez- vous proposer des pistes de solutions qui pourraient calmer la tempête ?
La première solution, c’est le dialogue. Il ne faut jamais fermer la porte au dialogue entre frères et sœurs d’un même parti.
Nous devons également revenir aux textes. Les statuts et le règlement intérieur doivent constituer notre boussole. Lorsqu’il existe une divergence d’interprétation, il faut réunir les personnes concernées, écouter les différents arguments et rechercher une solution conforme aux textes du parti.
Je pense également qu’il faut renforcer la concertation entre la direction et les différentes composantes du PDCI-RDA. Un grand parti comme le nôtre doit être capable d’entendre ses militants, y compris ceux qui expriment des désaccords.
Mais je voudrais insister sur un point : le dialogue ne signifie pas la faiblesse et l’unité ne signifie pas l’absence de débat. Nous pouvons être différents dans nos analyses tout en restant unis autour de l’essentiel.
Il faut donc que chacun fasse un pas vers l’autre. La direction doit continuer à rassurer, les cadres doivent faire preuve de responsabilité et les militants doivent éviter de se laisser entraîner dans des affrontements qui ne servent pas l’intérêt du parti.

3/ Comment voyez vous l’avenir du parti à l’approche des prochaines échéances électorales ?
Je suis fondamentalement optimiste quant à l’avenir du PDCI-RDA.
Notre parti possède une histoire, une implantation nationale, une expérience politique et surtout une base militante importante. Ce sont des atouts considérables.
Mais il faut être lucide : l’histoire seule ne suffit pas. Pour préparer les prochaines échéances électorales, nous devons nous moderniser, renforcer notre organisation à la base, mobiliser davantage les jeunes et les femmes et surtout proposer aux Ivoiriens un projet de société crédible.
Le PDCI-RDA doit être un parti qui écoute les préoccupations quotidiennes des populations : l’emploi des jeunes, le coût de la vie, l’éducation, la santé, l’agriculture, l’accès au logement, la sécurité et le développement des différentes régions du pays.
Notre ambition doit être de rassembler largement autour d’une vision pour la Côte d’Ivoire.
Les divergences actuelles ne doivent donc pas nous faire perdre de vue l’essentiel. Les échéances électorales se préparent dans l’organisation, la discipline, la proximité avec les populations et la capacité à présenter une alternative crédible.
4/ Avez -vous un appel à lancer à la grande famille du PDCI-RDA ?
Mon appel est très simple : restons unis et préservons notre maison commune.
À nos dirigeants, je demande de continuer à privilégier le dialogue et l’écoute.
Aux cadres, je demande davantage de responsabilité. Nous avons une histoire et un héritage à préserver. Nos paroles ont une portée et peuvent soit rapprocher les militants, soit les diviser.
Aux jeunes, je voudrais dire que l’avenir du PDCI-RDA vous appartient. Engagez-vous, faites entendre vos idées et prenez toute votre place dans la construction du parti.
Aux femmes, je dis également que votre contribution est indispensable. Vous êtes au cœur de la mobilisation et de la vie de nos communautés.
Et à tous les militants, je demande de ne jamais oublier que nous pouvons avoir des désaccords sans devenir des adversaires.
Le PDCI-RDA est plus grand que chacun d’entre nous. Les hommes passent, mais le parti demeure.

5/ Votre mot de fin
Je voudrais dire à tous les militants du PDCI-RDA de garder confiance.
Nous traversons une période qui demande beaucoup de responsabilité, de retenue et de sagesse. Mais je reste convaincu que nous avons les ressources humaines et politiques nécessaires pour surmonter cette étape.
Notre priorité doit être de préserver l’unité du parti, de respecter nos textes et de rester à l’écoute des Ivoiriens.
Je lance donc un appel à tous les fils et filles du PDCI-RDA : ne laissons pas nos divergences d’aujourd’hui compromettre notre avenir commun.
Le PDCI-RDA a une longue histoire derrière lui, mais il doit surtout regarder vers l’avenir.
Notre responsabilité collective est de transmettre aux générations futures un parti plus fort, plus uni, plus moderne et toujours au service de la Côte d’Ivoire.
Dos





