Côte d’Ivoire : Journée internationale de la liberté de la presse 2021/ déclaration du Ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie, Porte-parole du Gouvernement ;Monsieur AMADOU COULIBALY

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unite.ci : Thème : L’Information comme bien public

Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique,

Madame la Représentante-résidente et cheffe de bureau de l’UNESCO,

Madame la Présidente du Conseil National des Droits de l’Homme,

Merci d’être aux côtés des journalistes en ce jour si important pour leur profession.

 

Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

Comment ne pas avoir en point de mire la Déclaration de Windhoek pour le développement d’une presse indépendante, pluraliste et libre de 1991, quand on sait que la presse, les médias et le journalisme ne vont pas sans liberté ?

 

Trente années sont passées depuis cet appel historique. Et depuis, les pays, les peuples, les acteurs des médias et de la presse s’accordent sur un fait : il faut toujours garantir la liberté de la presse afin de protéger toutes les autres formes de liberté.

 

Dans un monde en proie à la prolifération des fausses informations, il est bien évident que le journalisme doit être protégé, sécurisé, libre, afin de faire droit à « l’information, ce bien public », thème si justement choisi pour la célébration de la 28ème édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

La liberté de la presse assure la liberté du citoyen à avoir droit à une information qui lui permet d’assumer pleinement son rôle d’acteur social de premier plan.

L’Assemblée générale des Nations Unies en adoptant la Résolution 59 en 1946 visait à rappeler au monde que « la liberté de l’information est un droit fondamental de l’homme et la pierre angulaire de toutes les libertés… »

Que de chemin parcouru depuis ! Que de victoires acquises sur la voie de la quête permanente des libertés ! Mais que de doutes et d’incertitudes aussi :

La montée des extrémismes qui mettent à mal les libertés individuelles et collectives ;

La trop grande expansion des réseaux sociaux, expressions de libertés qui menacent nos libertés ;

La difficulté de plus en plus croissante de nos concitoyens à faire la part entre l’information et la rumeur, entre le journaliste professionnel et l’influenceur des réseaux sociaux ;

La perte de confiance du lectorat pour ce qui est de la presse imprimée ou même numérique ;

La perte de crédibilité des journalistes ;

La dégradation de l’image de la corporation liée au manque de professionnalisme, au non-respect de l’éthique et de la déontologie.

 

Tous ces constats mis en lumière par une étude menée à l’initiative du bureau de l’UNESCO à Abidjan en 2017 montrent bien qu’au-delà de vos revendications et de vos demandes de soutiens, il y a des problématiques que vous vous devez d’adresser au niveau de votre corporation.

Car c’est au prix de la restauration de la confiance entre les producteurs de contenus médiatiques que sont les journalistes et les consommateurs de contenus que nous sommes, que vous donnerez à l’information tout son poids de bien public.

 

Le Gouvernement, sur instruction de Son Excellence Monsieur le Président de la République, reste toujours décidé à faire bouger les lignes, à vous soutenir.

La politique d’aide aux médias et à la presse s’exprime bien par l’augmentation régulière de la dotation annuelle du Fonds de Soutien et de la Développement de la presse (FSDP).

Nous projetons d’élargir les attributions du FSDP afin qu’elles prennent en compte les médias audiovisuels et numériques. Mes prédécesseurs en avaient pris l’initiative, je compte faire aboutir ce projet.

L’aide de l’Etat dans la mise en place de la Mutuelle sociale des journalistes est bien une autre preuve que le Gouvernement a à cœur le bien-être des journalistes et des professionnels de la communication.

La question de la distribution de la presse fera l’objet d’une réflexion approfondie afin d’apporter une réponse plus adaptée, plus efficace.

Mais la presse, ce sont des organes de presse, mais aussi et surtout des entreprises de presse qui doivent pouvoir respecter les règles de leur propre survie.

Le soutien de l’Etat à la presse ne peut remplacer les stratégies de développement des entreprises de presse qui doivent être mises en œuvre par leurs créateurs, fondateurs et gestionnaires…

Dans votre environnement plus que d’autres, les règles de bonne gouvernance doivent être respectées.

 

Mesdames et Messieurs,

Diffuser de l’information, vous le savez certainement mieux que moi, c’est s’assurer que ce bien public qui est mis à la disposition de la communauté nous fera du bien, à nous tous. Or, de nombreuses informations diffusées nous font beaucoup de mal, et mettent parfois la cohésion sociale à mal.

L’information comme bien public est celle soucieuse du bien commun de notre communauté humaine régie par des règles et régentée par des lois. C’est l’information qui contribue au renforcement du lien social.

 

Plus que jamais, l’information, celle vérifiée, consolidée, confrontée aux sources diverses ; celle, factuelle, qui se nourrit de faits, est un bien public qu’il vous faut partager afin d’aider le consommateur de contenus médiatiques à se faire sa propre opinion. Comme tout produit, l’information doit donc répondre à des exigences de qualité et de fiabilité qui lui assurent une existence pérenne.

Les journalistes doivent être les premiers défenseurs de ces normes de qualité, c’est-à-dire le respect des règles d’éthique et de déontologie qui octroient le sceau de fiabilité à leur métier.

Notre pays, engagé dans la défense d’un journalisme de qualité, avec des acteurs sécurisés par des cadres juridiques, poursuit ses avancées dans la valorisation d’un journalisme professionnel. Avec des journalistes protégés par la loi et des entreprises de presse soutenues par l’Etat afin de garantir la liberté, pierre angulaire d’un métier essentiel pour notre société.

Nous déplorerons et nous nous indignons comme vous toutes les atteintes à la liberté de certains journalistes dans l’exercice de leur métier.

C’est pour cela qu’il nous faut savoir rendre hommage à celles et à ceux qui ont choisi de se mettre au service de leurs communautés. Si l’information a toujours été capitale pour nos sociétés, elle est plus que jamais vitale aujourd’hui. Elle est l’essence même de nos existences dans un contexte de pandémie, liée à la maladie à Corona virus. Notre monde se retrouve confronté à des dangers tous aussi destructeurs que le virus, il nous faut les combattre si nous voulons préserver nos libertés : celle d’informer et celle d’être informé.

Plus que jamais, nous avons besoin de médias engagés pour le bien-être commun ; mais surtout de femmes et d’hommes impliqués, concernés qui ne rendent pas que compte, mais agissent.

Au nom du Gouvernement et de Monsieur le Premier Ministre, je dis merci à tous les journalistes du monde entier, aux journalistes et aux professionnels de la communication de notre pays, pour votre engagement à célébrer l’information, ce bien public qui nous est si vital.

Vive la presse libre et indépendante !

Vive la Côte d’Ivoire !

 

Amadou COULIBALY




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