Unite.ci : Le Syndicat national des personnels de l’enseignement privé de Côte d’Ivoire (SYNAPE-CI) a lancé, le dimanche 2 août 2026 à Abidjan, un vibrant appel aux plus hautes autorités de l’État pour mettre fin à la précarité qui frappe les travailleurs du secteur privé de l’éducation. Au cours d’une conférence de presse, le secrétaire général du syndicat, Yoboué Kouakou, a dressé un tableau alarmant de la situation que vivent les quelque 90 000 acteurs de l’enseignement privé, qu’il qualifie d’« esclaves du savoir ».
Dans une déclaration empreinte d’émotion, le responsable syndical a rendu hommage aux enseignants décédés sans avoir bénéficié d’une couverture sociale adéquate, avant de dénoncer des conditions de travail qu’il juge indignes. Selon lui, malgré leur rôle déterminant dans la formation de près de 76 % des élèves du secondaire et des 987 638 élèves affectés chaque année par l’État dans les établissements privés, les enseignants, éducateurs, directeurs des études, comptables et autres personnels continuent d’être victimes d’une précarité persistante.
Le secrétaire général du SYNAPE-CI a notamment fustigé la baisse du pouvoir d’achat des enseignants, rappelant qu’un professeur licencié percevait 193 896 FCFA en 1988, contre 128 283 FCFA selon le barème de 2023. Il a également dénoncé le non-respect du salaire minimum légal, les nombreux arriérés de salaires ainsi que des retards de paiement pouvant atteindre plusieurs mois, voire plusieurs années dans certains établissements.
S’appuyant sur un recensement réalisé du 23 au 25 juillet 2026 dans plusieurs régions du pays, Yoboué Kouakou a indiqué que de nombreux établissements privés accusent au moins trois mois d’impayés, une situation qui plonge des centaines de travailleurs et leurs familles dans de graves difficultés sociales. Il a par ailleurs rejeté l’argument des retards de paiement de l’État, affirmant que les données du Trésor public montrent que l’essentiel des frais de scolarité destinés aux fondateurs avait déjà été versé.
Face à cette situation, le SYNAPE-CI demande au Président de la République de prendre des mesures urgentes, notamment en conditionnant les subventions publiques au paiement effectif des salaires et à la déclaration des travailleurs à la CNPS, en ouvrant une enquête sur la gestion des fonds dits « Spéciale Dévaluation », en apportant une réponse immédiate aux enseignants privés de rémunération depuis plusieurs mois et en procédant à une révision du barème salarial conformément aux réalités de 2026 et aux dispositions du protocole de 1982.
Pour Yoboué Kouakou, l’indépendance d’une nation passe aussi par une école libérée de la précarité. Il a ainsi appelé les pouvoirs publics à poser des actes forts afin de restaurer la dignité des travailleurs de l’enseignement privé et de garantir un système éducatif plus juste et plus équitable.
OJL





