
Unite.ci : A cause de la covid-19, le carnaval ivoiro-antillais n’a pas eu lieu en 2020. Pour cette année, Georges Ravoteur, initiateur et promoteur de l’événement, rassure que malgré la 5ème vague en France, empêchant les Antillais d’y participer, la fête aura lieu.
Il reste 3 mois pour l’exécution de votre manifestation culturelle. Peut-on savoir si elle aura lieu ?
Je suis dans de bonnes dispositions, puisque j’ai écrit à tous les ministères qui ont un lien avec le carnaval. Il ne reste plus que les courriers pour les demandes de sponsoring et mener des discutions avec notre partenaire, la mairie de Cocody. La chefferie d’Anono qui nous apporté un appui incommensurable sera consulté pour nous faire savoir son apport.
De quels acquis disposez-vous en ce moment pour la bonne conduite du carnaval ?
Nous avons des acquis provenant des ministères de la Culture et des Affaires étrangères. Il me faut avoir absolument ceux de la mairie de Cocody, puisqu’elle est à fond dans l’organisation. Quand tout sera peaufiné, je le ferai savoir à la presse.
Avez-vous pris langue avec des communautés comme vous l’avez fait dans le passé ?
J’avais fait cas il n’y a pas longtemps de la communauté guyanaise, les Touloulous qui résident à Paris. Mais, vu les informations concernant la nouvelle vague de la covid-19 en France, je ne pense pas pouvoir compter sur ses résidents. Donc ça redevient serré. Néanmoins, la mairie par le truchement de son premier responsable en a contactées selon les informations qui sont en ma possession. Les tambours du Burundi, je crois qui devaient venir l’année dernière, mais qui n’ont pas pu faire le déplacement à cause de la pandémie à coronavirus ont confirmé leur participation. Je n’aime pas trop les communautés lointaines, car je n’ai rien de très certain. Mais ce dont je peux parler, c’est qu’on aura un carnaval comme on le faisait auparavant à Bingerville, avec toutes les communautés qu’on avait sous le bras ; en l’occurrence les Espagnols, les Chinois , les Mexicains et toutes les communautés africaines, tels les Baoulé, Bété, etc. En fait comme on le faisait et ça marchait bien
Nous serons à la 9ème édition cette année. Pourrait-on savoir sa particularité ?
Cette année, nous allons faire du gospel avec des jeux et bien d’autres choses. Ce sera la partie culturelle. Le samedi nous allons faire défiler des chars à l’effigie des sponsors, si naturellement ceux-ci s’associent à nous.Nous allons faire le vidé, parce que c’est lui qui compte dans un carnaval. Il faudrait que le vidé soit multicolore, beaucoup de personnes qui dansent dans les rues, des personnes au buste nu. Que ce soit un carnaval chaud, avec l’observation d’une distanciation. Nous allons prendre nos dispositions pour réussir cette opération. J’ai tout le schéma en tête, mais ce qui me fatigue un peu, c’est la distanciation.
Votre carnaval comparé aux autres tel celui de Rio, quel plus apportez-vous ?
(Rires) Le carnaval de Rio accuse une soixantaine d’années. Là-bas, les organisateurs travaillent durant 10 ans pour présenter quelque chose. C’est un travail monstrueux avec des chars comme des immeubles. Il a commencé un peu comme le mien, mais actuellement il se déroule dans un stade avec des choses extraordinaires. Ce sont des millions et des millions qui y sont engloutis. Je pense qu’on va y arriver dans les 5 ans prochaines années.
Votre carnaval a débuté à Bingerville et le voilà à Cocody. Avez-vous à l’idée de conquérir d’autres lieux en cas de sollicitation pour parvenir à l’international ?
Nous pouvons le faire en international tout en étant à Cocody. D’ailleurs j’étais à Bingerville et aujourd’hui nous sommes dans la commune du maire Yacé. Je reçois des demandes d’un peu partout, mais il y a des gens qui veulent participer à la Guadeloupe. C’est quand même international çà. La dernière édition (2019, avant la covid), nous avons eu 100 personnes qui sont venues, il y a eu des gens en dehors des Antilles qui sont également venus. Donc, je pense que le carnaval prend un chemin. D’ailleurs des gens en parlent beaucoup sur les réseaux sociaux et me soutiennent. Je pense que ce carnaval va grandir, mais il faut des sous et mettre le paquet. C’est ce que les gens ont commencé à faire à Rio et ce carnaval a pris la dimension démesurée que nous savons.
Parlant de covid-19, si la tendance en France baissait, pensez-vous que des ressortissants français pourraient venir pour y participer ?
Au cas où la tendance baisserait,vu que je suis en rapport avec le Ministère des Affaires étrangères de la France, leur venue ne devrait pas poser problème. Il n’y a que l’ambassade de France en Côte d’Ivoire qui pourrait éventuellement dire non. Ce qui est sûr, il n’y a rien de concret pour le moment. Si la situation se décante, ça peut se faire très vite. Mais, pour l’instant de l’autre côté, il y a la covid, et personne ne peut voyager à cause d’elle. De toutes les façons, le carnaval ivoiro-antillais sera fait cette année.
Votre message aux communautés qui souhaitent participer à l’édition 2021 ?
Que toutes les communautés qui souhaitent y participer trouvent leur déguisement avec de beaux masques et habits. Qu’elles viennent avec de très belles danses comme il y en a de nombreuses ici. On a pas besoin d’habits chers, qu’ils soient extravagants, qui attirent par l’image et les couleurs variées. Il faut danser et ne pas rester sur place, parce que le carnaval ce n’est pas du sur place, c’est s’amuser, être nombreux bals. Il y aura un bal poussière, un bal privé, donc beaucoup de choses. Venez aussi à la journée culturelle du vendredi comme on le faisait à Bingerville. C’est déjà l’ambiance du carnaval qu’on vit ce jour-là et c’est très éducatif.
Propos recueillis par Clément Koffi
Légende : Georges Ravoteur, initiateur et promoteur du carnaval ivoiro-antillais.

